Stéphane Hauton Stéphane Hauton

Avons-nous peur de ralentir ?

Nous courons tous.

Même quand nous disons aller bien.
Même quand nous parlons de bien-être.

Nous avons transformé le repos en luxe,
le silence en inconfort,
l’ennui en faute.

Mais la nature ne va jamais vite.
Une racine ne force pas.
Une vague ne se presse pas.
Un vin ne s’accélère pas sans perdre son âme.

Nous avons pourtant décidé que tout devait produire, répondre, performer.

Même nos corps.
Même nos émotions.
Même nos relations.

Ralentir, aujourd’hui, est presque un acte de résistance.
Parce que ralentir, c’est ressentir.

Et ressentir, c’est voir ce qui ne va pas.
C’est entendre ce qui, d’ordinaire, est couvert par le bruit.

Certaines choses ne se laissent pas presser.

Quand on tente de les contraindre, elles se referment, se durcissent, se taisent.

La patience seule révèle leur secret.
L’eau nous le rappelle sans cesse.

Elle s’adapte, mais ne se contraint pas.
Elle attend, s’infiltre, transforme.
Elle polit la pierre sans jamais l’affronter.
Elle avance sans brutalité, mais avec constance.

À force de pression, l’humain fonctionne pareil.

Il se fissure.
Il se tend.
Il se coupe de lui-même.
Il oublie qu’il est vivant avant d’être productif.

Dans ce travail, la lenteur est recherchée.
L’eau, le vin, le tanin deviennent les matières centrales.

Des matières qui exigent le temps.
Qui refusent la précipitation.
Qui imposent l’écoute

Le vin ne révèle ses arômes qu’à celui qui sait attendre.
L’eau ne dévoile sa profondeur qu’à celui qui s’arrête.

La matière ne parle qu’à celui qui ralentit.
Alors oui, ralentir dérange.

Parce que cela remet en question un système entier basé sur la vitesse.
Un système qui confond agitation et mouvement.

Mais ralentir, ce n’est pas reculer.
C’est reprendre contact.

Avec son corps.
Avec la matière.
Avec le vivant.

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Stéphane Hauton Stéphane Hauton

Elle transforme ce qu’elle touche

Parce qu’elle ne s’impose jamais.

Elle épouse.
Elle contourne, s’adapte, attend, persiste.
Elle transforme sans violence.

Quand l’eau traverse la terre, elle capte le minéral.

Elle absorbe la mémoire de la roche, la trace des siècles.
Elle glisse, s’infiltre, laisse derrière elle un sillon invisible mais vivant.
Quand elle traverse la vigne, elle transporte la mémoire du sol.

Elle emporte avec elle le climat, les saisons, la patience des vignerons.
Elle façonne doucement ce qui deviendra vin, mais jamais sans respect pour le temps.

Quand elle traverse le corps, elle transporte des informations.

Elle régule, nourrit, nettoie, relie.
Sans elle, tout se fige, tout se ferme, tout se tait.

Certaines choses dans la vie fonctionnent pareil.
Elles ne se laissent pas presser, elles refusent d’être contraintes.

Quand on tente de les forcer, elles se replient, se durcissent, deviennent silencieuses.

La patience seule révèle leur secret, leur rythme, leur voix cachée.
Le vin en est un exemple : ce n’est pas simplement du raisin fermenté.

C’est de l’eau qui a traversé la terre, enrichie de tanins, façonnée par le climat et le temps.

Chaque goutte porte l’histoire de la vigne, la mémoire du sol, la patience de ceux qui savent attendre.

La matière suit ce mouvement.
À travers l’eau, le vin, le tanin, elle devient langage.

Elle impose son rythme.
Elle exige l’écoute, la patience.
Elle révèle ce qui serait resté invisible autrement.

Tout se fait dans un dialogue avec la matière et le temps..

Le corps et la matière fonctionnent de la même manière.

L’eau y circule, transporte, régule, nourrit.

Sans circulation, rien ne vit.
Sans circulation, rien ne peut se transformer.

L’eau est toujours liée au mouvement, à la transformation.

Elle relie ce qui semble séparé, elle laisse des traces, elle modifie, elle révèle ce qui était caché.

Comprendre l’eau, c’est comprendre le vivant.

Pas intellectuellement.

Physiquement.

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Stéphane Hauton Stéphane Hauton

Sais-tu encore d’où tu viens ?

Pas ton adresse.
Pas ton métier.
Mais ton sol.

Celui qui t’a nourri.
Celui qui a laissé une trace sous tes pieds.

Nous vivons sur du béton, mais nos corps se souviennent de la terre.
De son odeur après la pluie.
De sa fraîcheur.
De sa résistance.

La terre est lente.
Elle prend le temps.
Elle absorbe l’eau, la garde, la redistribue.

Comme les racines.
Elles descendent dans l’obscurité pour permettre au vivant de s’élever vers la lumière.

Le vin raconte cette histoire.
Il est de l’eau passée par la terre.
Chargée de minéral, de tanin, de mémoire.
Un liquide qui a pris le temps de devenir ce qu’il est.

Notre corps fonctionne de la même manière.
Nous avons besoin d’ancrage pour nous élever.
De profondeur pour respirer.

Mais nous avons coupé ce lien.
Nous voulons aller vite.
Produire.
Avancer sans descendre.

Est si la question était :
que devient l’eau quand elle traverse la terre ?
Que devient l’homme quand il oublie ses racines ?

Peut-être que se reconnecter au vivant commence là.
Marcher pieds nus.
Toucher un sol.
Boire un vin en conscience.

Sentir que nous ne sommes pas au-dessus de la nature,
mais dedans.

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Stéphane Hauton Stéphane Hauton

Ton corps sait-il encore respirer comme une vague ?

Quand as-tu respiré pour la dernière fois sans y penser ?

Respirer vraiment.
Lentement.
Comme le fait l’océan, sans effort, sans contrôle.

Ton corps connaît ce rythme.
Il l’a appris bien avant que ton esprit ne s’en mêle.
Chaque inspiration est une marée montante.
Chaque expiration, un retrait doux vers le large.

Pourtant, nous avons oublié.
Nous respirons court.
Pressé.
Comme si le temps manquait même à l’air.

Le cœur s’accélère.
Les pensées s’accumulent.
Le corps se tend.

Et pourtant, il suffirait de peu.
Observer une vague.
Voir comment elle naît, monte, s’arrondit, puis s’efface.
Sans lutte.
Sans résistance.

L’eau n’essaie pas d’aller plus vite.
Elle suit le mouvement juste.

Regarde là et cherches ce souffle invisible.
Ce moment où la matière semble respirer.
Où la vague devient peau.
Où la peau devient mémoire.

Ton sang circule comme une marée intérieure.
Il transporte l’eau, les émotions, la chaleur.
Il connaît les chemins.
Il sait où aller.

Mais pour l’entendre, il faut ralentir.
S’arrêter.
Écouter ce qui monte et ce qui descend en toi.

Assieds-toi.
Ferme les yeux.
Inspire profondément.
Expire lentement.

Ne cherche rien.
Laisse venir.

Peut-être sentiras-tu que ton corps n’est pas une machine, mais un paysage.
Un océan intérieur relié à tous les autres.

Respirer, ce n’est pas survivre.
C’est appartenir.

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Stéphane Hauton Stéphane Hauton

Quand avons-nous décidé que l’eau devait rapporter de l’argent ?

À quel moment avons-nous accepté que l’eau devienne un produit comme un autre ?

Je ne parle pas de la facture que tu paies à la fin du mois.
Je parle de cette logique absurde qui transforme une source de vie en ligne comptable.

De cette idée que l’on peut posséder, stocker, spéculer sur ce qui permet simplement de respirer.

L’eau ne se fabrique pas.
Elle circule.
Elle traverse les sols, les racines, les corps.
Elle relie.

Et pourtant, nous avons inventé un système où l’on parie sur sa rareté, où l’on organise son manque pour en tirer profit.
C’est indécent.
C’est dangereux.
C’est profondément déconnecté du vivant.

On parle de croissance, de performance, d’optimisation.
Mais croissance de quoi, si le monde s’assèche ?
Performance pour qui, si l’accès à l’eau devient un privilège ?

Une vigne meurt sans eau.
Un corps aussi.
Un territoire également.

Dans le vivant, l’eau n’est jamais décorative.
Elle est centrale.
Parce qu’elle porte la mémoire des sols, des climats, des mains humaines.
Parce qu’elle est le lien entre la terre et le vin, entre la racine et la peau.

Faire de l’eau un objet financier, c’est nier cette mémoire.
C’est oublier que sans elle, il n’y a ni culture, ni agriculture, ni art.

Nous ne sommes pas des traders du vivant.
Nous en sommes les dépositaires temporaires.

Et si nous continuons à traiter l’eau comme un actif,
elle finira par nous rappeler qu’elle n’obéit à aucune loi humaine.

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Stéphane Hauton Stéphane Hauton

Et si tu étais encore un être liquide ?

Et si tu n’étais pas aussi solide que tu le crois ?
Ton corps est une illusion de stabilité.
En réalité, tout circule.
Tout ondule.
Tout se transforme.

Ton sang.
Ta lymphe.
Tes émotions.

Tu es un mouvement permanent, contenu par une peau qui te donne une forme.
Mais sous cette peau, rien n’est figé.

Nous avons voulu être droits, fermes, rationnels.
Nous avons oublié notre nature fluide.
Notre capacité à nous adapter, à épouser les formes, à contourner les obstacles.

L’eau ne force jamais.
Elle trouve un passage.

Quand je suis dans l’eau, entre dehors et dedans.
Je cherche un état.
Une vibration.
Un rappel.

Celui que nous sommes faits pour circuler.`
Entre la terre et l’océan.
Entre la mémoire et le présent.

Redevenir liquide, ce n’est pas se dissoudre.
C’est accepter le mouvement.
Le changement.
La transformation.

C’est comprendre que la force n’est pas dans la rigidité,
mais dans la capacité à épouser le monde.

Alors peut-être que l’éveil commence ici.
Dans cette simple idée :
tu n’es pas séparé du vivant.

Tu es une vague parmi les vagues.
Une mémoire en mouvement.

L’eau est la mémoire du monde.
Et tu en es une goutte consciente.

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Stéphane Hauton Stéphane Hauton

Que garde l’eau de toi ?

As-tu déjà pensé que l’eau se souvient de ton passage ?

Chaque fois qu’elle touche ta peau, elle capte quelque chose de toi.
Une température, une tension, une émotion.

L’eau n’oublie rien. Elle enregistre, elle conserve, elle transmet.
Quand tu entres dans l’eau, une douche, un bain, une rivière, tu n’y entres jamais seul.

Tu y apportes ton histoire.
Tes fatigues accumulées.
Tes pensées qui tournent.
Tes silences aussi.

L’eau glisse sur ta peau, mais en réalité elle traverse bien plus que l’épiderme.
Elle pénètre la mémoire du corps.
Elle réveille ce qui était endormi, dilue ce qui était trop lourd.

Ta peau est un seuil.

Un passage entre le dehors et le dedans.
Comme la terre qui reçoit la pluie, elle absorbe, filtre, transforme.
Chaque pore est une porte ouverte sur le vivant.

Souviens-toi : avant d’avoir un nom, avant d’avoir une forme, tu étais déjà dans l’eau.
Un corps flottant, protégé, bercé par un rythme lent.

Ton premier souvenir n’est pas une image, c’est une sensation liquide.
L’eau que tu touches aujourd’hui dialogue avec cette mémoire ancienne.

Elle sait d’où tu viens.
Elle sait ce que ton corps a traversé.

Lorsque je regarde l’eau, elle est comme une archive vivante.
Elle porte les traces du monde, des sols, des racines, des peaux.
Elle lie la terre au fruit, le vin à la main, le corps à l’émotion.

Alors prends un instant.
Laisse l’eau couler sur toi sans rien demander.
Sans chercher à comprendre.
Juste ressentir.

Peut-être comprendras-tu que l’eau ne sert pas seulement à laver.
Elle sert à se souvenir.

L’eau est la mémoire du monde.
Et parfois, elle nous la rend.

#ocean #vin #eau #vignes #riviere #terroir

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Stéphane Hauton Stéphane Hauton

La peau un goût de tanin

As-tu déjà observé ta peau après un bain de soleil ?

Sa couleur change, se patine, comme le bois d’un tonneau exposé à la lumière.
Elle s’imprègne du temps, de la chaleur, de la vie.

Notre peau est un tanin.

Elle garde la mémoire des jours, des caresses, du vent, de la pluie.
Elle s’oxyde doucement, se tanne avec l’expérience, se charge de nuances comme un vin élevé en fût.

Le tanin, c’est cette substance végétale qui protège, qui relie, qui colore.

Il circule dans la vigne comme notre sang dans nos veines.
Il donne au vin sa structure, sa profondeur, sa tenue.

Notre peau agit de la même manière : elle filtre, elle respire, elle nous relie au monde extérieur.
Sous la lumière, nos cellules se transforment.

Elles fabriquent leur propre défense, une matière invisible qui raconte notre histoire.
Chaque ride, chaque tache, chaque cicatrice est un pigment de vécu.

Notre peau se souvient, comme le vin se souvient du soleil, de la pluie et de la main du vigneron.

Et si notre épiderme était le miroir de la terre ?

Un sol vivant, poreux, traversé par des flux, des mémoires, des émotions.
L’eau qui nous traverse y dépose chaque instant, chaque sensation, chaque rencontre.

Nous sommes des cuvées humaines, façonnées par le temps, par l’eau et par la lumière.
Certains tanins sont souples, d’autres rugueux, mais tous témoignent du passage du vivant.

Alors, la prochaine fois que tu passeras ta main sur ta peau, pense à la vigne.
À sa sève, à ses fruits, à ce lent travail du temps.

Notre peau n’est pas une frontière : c’est une mémoire liquide, un lien entre le dehors et le dedans.

Elle est la trace du vivant sur le vivant.

Elle est notre tanin.

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Stéphane Hauton Stéphane Hauton

Appartiens-tu plus à la terre ou à la mer ?

T’est-il déjà arrivé de te demander à quel milieu tu appartenais le plus ?
Nous vivons sur une planète où tout est lié à l’eau.

Ce questionnement est logique, car la vie est née dans l’eau.
La science n’a pas encore toutes les réponses, mais chacun ressent parfois une forme d’attirance pour l’océan.

On peut imaginer que nos ancêtres étaient des poissons dotés de nageoires, vivant dans un environnement liquide.
Avec le temps, ces nageoires sont devenues des griffes, puis des pieds pour marcher.

Un jour, l’être humain s’est redressé pour tenir debout, et nos pieds ont perdu leur forme palmée.

Assis face à la mer, les pieds sur la terre ferme, on peut observer comment les vagues se terminent sur la plage.
C’est la rencontre entre deux éléments essentiels à notre existence.

Peut-être que la bonne réponse, c’est d’être lié aux deux à la fois.

As-tu déjà eu les mains dans la terre et les pieds dans l’eau ?
C’est rare, mais possible.

Il suffit d’enlever ses chaussures et de marcher dans l’herbe humide du matin.
La rosée relie l’eau et la terre, et nous en faisons partie.

Ou encore, nager dans la mer et laisser une vague nous ramener vers le rivage : le mouvement de l’eau nous ramène toujours vers la terre.

On peut aussi imaginer que, sans notre peau, notre corps serait absorbé par la terre pour nourrir la vie,
ou transformé en goutte d’eau rejoignant l’océan, participant à son mouvement.

Quand je m’immerge dans l’eau et que je ferme les yeux, je ressens une sensation d’unité.
Mon corps devient léger, le bruit disparaît, et je me sens simplement vivant.

Où que je sois, dès que l’eau me touche, je me sens connecté à la nature et au cycle du vivant..

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Stéphane Hauton Stéphane Hauton

À quelle espèce appartiens-tu ?

Je suis en colère de voir les hommes se placer au-dessus de la nature.

Le mot « croissance économique » m’est insupportable.
C’est un prétexte pour tout exploiter sans questionnement.

Nous voulons tout contrôler, tout prendre, tout vendre, sans réfléchir aux conséquences sur le vivant.
Pourtant, nous continuons à puiser dans les ressources naturelles avec une frénésie inquiétante et sans limite.

Nous avons créé des dieux et, dans le même temps, nous essayons de le devenir nous-mêmes.

Nous avons remplacé le verbe « être » par « avoir », et nous ne cessons jamais d’accumuler.
La soif d’argent a supplanté la soif de vivre, de respirer et de respecter notre environnement.

Et toi, te sens-tu coincé aussi dans ce système qui s’essouffle ?

C’est comme si nous étions assis sur une branche et que nous la scions nous-mêmes.
Beaucoup essaient de comprendre et finissent par se sentir déconnectés de leur espèce.

On souhaite souvent échapper aux contraintes économiques et politiques pour revenir à l’essentiel, pour retrouver un contact réel avec ce qui nous entoure.

Pourquoi suis-je dans cet état ?

Parce que nous avons oublié qu’une source d’eau active nos racines.
Nous avons coupé le lien avec la terre et avec la vie qui nous entoure.

Nous construisons nos villes et nos infrastructures sans tenir compte des limites de la planète.
Nous ne pouvons pas continuer à considérer la nature comme une ressource infinie.

Nous ne pouvons pas consommer sans limite.
Nous ne pouvons pas nous considérer comme supérieurs aux autres espèces.

Nous faisons partie d’un tout.

De l’air que nous respirons à l’eau que nous buvons, tout nous est offert par la nature.

Une espèce vivante ne peut survivre si elle ne respecte pas son environnement.

Tout conflit avec la nature est impossible : elle finira par nous imposer des limites.

Aujourd’hui, nos gestes quotidiens façonnent notre futur et celui de la planète.

Comprendre l’urgence et réapprendre à observer la vie nous permet de reconnecter nos actions à notre environnement.

C’est exactement ce que j’explore dans mon art : à travers l’eau et ses mouvements, je cherche à révéler le lien vital entre l’homme et la nature, pour que chacun comprenne ce que nous risquons de perdre.

Dans un prochain article je te parlerai des quantités d’eau qui circule dans notre corps.

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Stéphane Hauton Stéphane Hauton

Tu as le vague à l’âme ?

T’est-il déjà arrivé de repenser à hier, à ces instants que tu aurais voulu revivre, prolonger, ou simplement retenir un peu plus longtemps ?

Peut-être te sens-tu, à ce moment-là, submergé(e) par tes émotions, envahi(e) par la nostalgie et la douce douleur de ce qui n’est plus.
Entre regret et mélancolie, la frontière est souvent floue.

Ne t’en veux pas, c’est quelque chose que nous traversons tous, un jour ou l’autre.

Peut-être est-ce à cause du temps qui file entre nos doigts comme l’eau d’un ruisseau, impossible à retenir.

Ou peut-être est-ce la peur de voir certains moments s’effacer avant d’en avoir pleinement profité.

Ce sentiment est profondément humain : il traduit simplement notre attachement à ce qui nous fait du bien, à ces fragments de vie qui marquent notre mémoire.

Notre cerveau, façonné par des millénaires de survie, accorde encore aujourd’hui plus de place aux émotions négatives, comme autrefois lorsqu’il fallait rester sur ses gardes.
Ce mécanisme, utile jadis, nous pousse désormais à ressasser, à entretenir la tristesse plutôt qu’à célébrer la joie.

Et si ce vague à l’âme venait simplement du fait que tu ne vois pas encore ton avenir ?
Cet horizon incertain que tu cherches à maîtriser, comme si tu voulais retenir le temps lui-même…

Et si, au lieu de lutter, tu changeais de regard ?

Peut-être que le verre que tu crois à moitié vide est déjà à moitié plein.
Accepter cette perspective, c’est comprendre que la joie et la douleur ne sont que les deux visages d’une même expérience : si le bonheur existe, la souffrance en est la trace, la preuve vivante.

J’ai moi aussi connu des périodes où tout semblait s’effondrer.
J’ai cru sombrer, jusqu’à comprendre que le bateau qui prenait l’eau, c’était moi.

En touchant le fond, j’ai trouvé la force de remonter à la surface.
Parfois, pour avancer, il faut simplement lâcher prise et se laisser porter par la vague.

Ce mouvement, cette force, vivent en chacun de nous.
Et même au cœur des tempêtes, nous pouvons tous retrouver le souffle, repartir, plus ancrés, plus conscients, plus vivants.

Je t’invite à découvrir mon œuvre “La Vague n°28 “
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Stéphane Hauton Stéphane Hauton

Ta peau est liquide !

Réalises-tu que tu es essentiellement du liquide ?

Pose un doigt sous ta gorge pour sentir ton cœur battre.
Telle une locomotive, il impulse le liquide dans tous tes organes.

Tes cinq litres de sang sont constitués de 83 % d’eau.
Tes organes sont faits de 65 % d’eau.
Ton squelette contient 22 % d’eau, et ton cerveau, 90 %.

Difficile de voir cette circulation dans notre corps.
Rassure-toi, tu n’es pas seul. Mais alors, comment voir le mouvement caché du vivant ?

Je te propose d’essayer de circuler en toi.

• Pour cela, tu deviens un globule rouge.
Maintenant, tu es beaucoup plus petit qu’un millimètre (7,7 micromètres).

• Tu entends le bruit de ton cœur, avec cet air qui pousse la vie en toi.
Ton voyage commence : te voilà à l’intérieur d’un système de racines qui circule partout.
Ces vaisseaux font deux fois le tour de la Terre (soit 90 000 km).

• Et te voilà lancé à toute vitesse dans cette circulation.
Tu montes, tu descends, tu es absorbé, dirigé, transformé.
À certains endroits, les canaux sont si petits que tu ne peux passer que seul.

• Puis te voilà le long d’une paroi, souple et solide à la fois.
C’est la peau, constituée de 70 % d’eau, comme un raisin tendu sous le soleil.

Peut-être que toi aussi, tu ne peux pas voir ce monde liquide débordant d’énergie vitale.

Mais si c’était à cause de cette peau qui t’empêche de le voir ?
La vraie solution est peut-être de devenir transparent, pour observer tout ce qui circule à l’intérieur.

Ta peau est ton identité, remplie de cette eau qui te rend unique.
Tes pieds sont comme des racines dans le sol, ici et maintenant.

Tu pousses vers la lumière pour grandir.
L’autre solution, la vraie, est peut-être de devenir liquide comme l’eau,
pour circuler dans tout le vivant.

Alors, j’immerge ma peau et je ne fais plus qu’un avec l’eau.

Plus de corps, plus de peau

C’est un mouvement perpétuel, mais je t’en parlerai la prochaine fois
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Stéphane Hauton Stéphane Hauton

As-tu oublié tes racines ?

La vie s’est installée dans les océans avec la lumière pour créer le vivant dans des climats.
Au départ, des formes, puis des nageoires, puis des griffes et des pieds.
Les espèces sur cette planète bleue, en sortant de l’eau, ont colonisé les terres.

Sais tu que certains hommes ont des racines aux pieds ?

Non, ce n’ormal si tu as oublié sur quel sol tu pousses.
Le béton a remplacé la terre dans notre concept de « modernité ».

Pourtant, il existe des hommes enracinés plus que d’autres.

Ils sont entre ciel, rivière, fleuve, brumes et terre.
Ils ne peuvent pas oublier leurs racines, le terroir.
Ces amoureux du sol aiment le règne végétal, unique.

Ils savent que l’élévation du sol dans le règne végétal se fait grâce à trois éléments principaux :
la lumière, la terre et l’eau, qui activent le règne végétal.

Peux-tu imaginer tous les chemins que fait l’eau pour déclencher le vivant ?
Je te propose de faire ce chemin, en devenant de l’eau.

• Partons du ciel, tu deviens goutte et, à grande vitesse, tu tombes.

• Tu passes d’un climat glacial à chaud, ta descente n’est pas finie, le sol n’est plus loin.

• Tu viens d’arriver et te dissous dans cette terre unique.
Là, tu descends le plus loin possible pour déclencher et trouver le vivant.

• Une graine pourrait faire l’affaire, mais là, c’est une racine qui se propose à toi.
Elle est comme une artère qui n’attend que toi pour faire battre le cœur de la vie.

• Et te voilà attiré, aspiré comme par une force lumineuse.

• Te voici au bout du chemin, pour devenir une graine, une fleur puis un fruit.

• Tu seras choyé, taillé, dirigé, nettoyé pour être récolté par l’homme.

Mais pas par n’importe quel homme — par ces vigneron(nes) amoureux de la terre,
qui se lèvent avant le jour pour écouter le vent dans les feuilles,
qui parlent aux ceps comme à des êtres vivants,
qui savent reconnaître la fatigue d’une vigne, la joie d’un fruit prêt à naître.

Leurs mains portent l’empreinte du sol, leurs gestes prolongent la mémoire des saisons.
Ils observent le ciel, attendent la juste lumière, et quand vient le moment, ils coupent le raisin avec la douceur d’un rituel.

Dans chaque grappe qu’ils effleurent, il y a le reflet du temps,
la patience du vivant, la confiance donnée à la nature.

Ce sont eux qui te guideront vers ta métamorphose, pour que, de la terre à l’arôme, tu deviennes le vin,
ce liquide d’émotion né du cœur des hommes et du silence des racines.

Une bouteille de vin, c’est 80 % d’eau et le reste de tanin.

Notre corps est composé essentiellement de 60 % d’eau, avec des artères qui font 100 000 kilomètres.
De cette passion, de cette impulsion jaillissent volumes, membranes et organismes en devenir.
C’est le déploiement d’un monde dynamique, invisible sous la surface visible.

N’oublions pas nos racines et ce qui circule en nous tous.

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Stéphane Hauton Stéphane Hauton

A quoi es-tu relié ?

Dans son histoire l’homme a toujours cultivé, pêché, vécu près d’une source.
Notre modernité nous a urbanisés, nous éloignant des côtes.

Dans ce concept de « ville », nous travaillons, et notre vision de la liberté s’assèche.
La bétonisation est devenue un mode de vie.

Nous sommes pour la plupart, des citadins déracinés. La notion de travail nous a fait quitter la terre,
les océans, pour vivre dans la dite « modernité ».

Souviens-toi de ces ruisseaux, de ces lacs, de ces océans pendant les vacances.
Souviens-toi de ces après-midi à nager dans ces eaux, en plein soleil.
De cet instant où tu pouvais t’asseoir face à un horizon liquide, sans fin.

Et toi peux tu voir depuis ta fenêtre les vagues ?

Non alors je te propose de te ressourcer :

• Cherche autour de chez toi un cours d’eau, une rivière, un lac, un étang, voire l’océan.

• Part, roule ou marche, sens le vent sur ton visage.

• Tu es arrivées : assieds-toi, regarde, écoute ce liquide.

• Le courant est là : enlève tes chaussures, trempe tes pieds.

• Ne parle pas. Observe ces ondulations brillantes.

• Te voici à cet endroit où tout a commencé… et où tout peut recommencer.

• Devant toi, une force lunaire monte et descend.

• Maintenant, ferme les yeux et respire. Ton ventre se gonfle.

• Puis ta poitrine s’élève, redescend.

• Les vagues respirent comme toi.

Toi et moi sommes faits à 70 % d’eau.

Ce mouvement d’air, cette impulsion, permet la circulation du liquide dans ton corps. Ton cœur pousse ce sang à travers des milliers de kilomètres d’artères.

L’eau est partout, dedans et dehors.
Elle est invisible, silencieuse, et t’accompagne où que tu sois.

Il suffit de la chercher, de l’écouter, à l’intérieur de toi.
C’est une vague d’énergie qui t’apaise, où que tu sois.

Il existe ceux qui n’ont que des racines…mais je t’en parlerai dans prochaine article.

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Stéphane Hauton Stéphane Hauton

Et si l’eau était une monnaie spéculative ?

J’ai appris que l’eau est cotée sur des marchés financiers en Australie depuis 2003.

Cette idée me révolte, et je peine à en saisir toute la logique tant elle me semble insensée.

Précisons les choses : ce n’est pas directement l’eau qui s’échange sur ces marchés, mais les droits d’usage et les actions d’entreprises qui l’achètent et la revendent comme n’importe quelle marchandise.

Pourtant, le résultat est le même : une ressource vitale devient l’objet d’une spéculation dont les conséquences sont désastreuses pour les populations.

Imagine un instant : aujourd’hui tu paies ton litre d’eau 2 €, et demain 20 €.

Cela paraît impensable, et pourtant c’est une réalité pour certains.

En Australie, des agriculteurs achetaient autrefois un million de litres d’eau pour 50 $. Aujourd’hui, ils doivent parfois en débourser 500 $.

Comment nourrir une population lorsque la première ressource pour cultiver devient inaccessible ?

La vie aurait-elle donc un prix ? C’est une folie.

L’eau, au même titre que l’air que nous respirons, a toujours été considérée comme un bien commun, offert par la nature.

Comment avons-nous pu basculer dans une logique où des traders, depuis leurs écrans, décident du prix auquel un être humain pourra accéder à cette ressource fondamentale ?

Aucune valeur monétaire ne peut réellement être attribuée à l’eau.

Elle est trop précieuse, trop essentielle.

J’ai dit un jour : « L’eau, c’est l’or qui coule de la terre. »

Elle relie chaque être vivant, et partout où elle afflue, la vie s’installe.

Elle agit comme un big bang silencieux, diffusant ses informations et déclenchant l’étincelle qui anime le vivant.

Il est urgent de remettre les valeurs de la nature au-dessus des valeurs monétaires humaines. L’intelligence collective doit primer sur le profit, sans quoi nous risquons de transformer en luxe ce qui devrait rester un droit fondamental.

Pour ma part, je vais aller à la piscine collective, l’eau a toujours eu ce pouvoir de m’apaiser.

À bientôt pour mes prochains articles.

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Stéphane Hauton Stéphane Hauton

Ta vie n’est-elle pas l’écho de tes cinq sens ?

Et si ta vie n’avait pas un seul sens, mais une infinité de reflets qui s’éveillent à travers tes perceptions.

Nos sens nous accompagnent à chaque instant. Nous touchons, nous écoutons, nous regardons, nous goûtons, nous sentons… souvent sans même y prêter attention.


Pourtant, toutes ces informations s’impriment en nous, façonnent notre mémoire et nos émotions.

Mais parmi ces cinq sens, lequel est chez toi le plus discret, le plus endormi ?

As-tu déjà pris le temps de le chercher ? D’observer pourquoi il se manifeste moins ?

Souviens-toi…

• De l’odeur irrésistible à la boulangerie sur le chemin de l’école.

• Du visage de ce premier amour qui a enflammé ton coeur.

• Du sifflement du vent d’été, peut-être du mistral, pendant tes vacances.

• Du goût simple et chaud d’un verre de lait à la ferme.

• De la caresse tendre de tes grands-parents sur tes joues.

Ces souvenirs sont les empreintes sensibles de ton histoire.
Et parfois, l’un de tes sens se cache au fond de toi, plus fragile, attendant qu’on le réveille.

Je te propose un exercice simple.

Prends une bouteille de vin.

Écoute le bruit du bouchon qui s’ouvre, promesse de convivialité.

Saisis la bouteille dans ta main : sens le verre froid, lourd, solide.

Verse lentement : observe cette couleur unique qui se déploie dans ton verre.

Porte-le à ton nez et respire le terroir, le fruit, le minéral.

Puis goûte. Laisse le vin circuler, humecter chaque paroi de ta bouche, et découvre ses nuances.

Tu viens d’activer tes cinq sens, les uns après les autres.

Maintenant, classe tes ressentis : lequel s’est imposé avec force ? Lequel est resté discret ?

Était-ce une image, un son, une odeur, un goût, une caresse ?

Imagine tes sens comme cinq plateaux posés en équilibre.

Certains se remplissent abondamment, d’autres à peine, mais chacun soutient les autres.

Le plus faible n’est jamais inutile : il est porté, nourri et réveillé par ses compagnons.

La mémoire est une clé précieuse : elle réactive ce qui sommeillait, elle éclaire ce qui t’est
nécessaire. Tes sens ne sont pas figés. Ils évoluent, se développent selon tes besoins.

En vérité, il n’existe pas de faiblesse.

Chacun de tes sens a sa force et t’indique une direction unique : la tienne.

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Stéphane Hauton Stéphane Hauton

Est-ce que tes journées passent trop vite ?

Ton temps semble aspiré comme l’eau dans une éponge.

C’est le rythme effréné de l’homme dit « moderne » qui ne nous laisse plus de place pour soi.

Du matin au soir, tu passes d’une activité à l’autre, enchaînant sans répit.
Ton temps libre s’amenuise, et il devient plus rare de simplement regarder, admirer, ressentir.

Souviens-toi de ton enfance, de cette insouciance légère.
Souviens-toi de ces longues journées d’été où le temps paraissait infini.

Ne rien faire était alors naturel.
Aujourd’hui, cela te semble inutile… et pourtant, ne rien faire est utile.

Il faut savoir s’arrêter pour retrouver le calme.
Ce calme, cette douceur intérieure qui apportent une énergie nouvelle, apaisante.
En t’accordant cet instant, tu te mets en paix et redécouvres ton rythme naturel.
Alors arrête-toi. Essaye de ressentir.

Et si la solution pour retrouver ce temps perdu était de t’immerger dans l’eau ?
Je t’invite à une expérience simple : prends une douche en silence, sans musique,
sans hâte.

Ouvre le pommeau, regarde les milliers de gouttes qui tombent comme une pluie bienveillante.
Entre lentement sous l’eau chaude, laisse-la couler sur tes bras,
ta nuque, ton visage, tes jambes.
Lève la tête et accueille ce flot qui descend le long de ton corps.

Ressens cette eau qui glisse, enveloppe et dessine ton anatomie,
comme lorsque tu étais bercé dans le ventre rond de ta mère.
Te voici dans une bulle de calme, entièrement entouré d’eau.
Ferme les yeux, écoute ta respiration.

Sens tes poumons qui montent et descendent, comme les vagues de l’océan.
Plonger dans l’eau, même symboliquement, t’invite à retrouver ta respiration la plus naturelle.

Respire lentement, à ton rythme, sans contrainte.

Le temps n’appartient qu’à toi, si tu oses l’habiter pleinement.

L’eau devient alors ton miroir, ton abri et ton énergie.

Dans ce silence liquide, tu peux enfin te ressourcer.

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