Quand avons-nous décidé que l’eau devait rapporter de l’argent ?
À quel moment avons-nous accepté que l’eau devienne un produit comme un autre ?
Je ne parle pas de la facture que tu paies à la fin du mois.
Je parle de cette logique absurde qui transforme une source de vie en ligne comptable.
De cette idée que l’on peut posséder, stocker, spéculer sur ce qui permet simplement de respirer.
L’eau ne se fabrique pas.
Elle circule.
Elle traverse les sols, les racines, les corps.
Elle relie.
Et pourtant, nous avons inventé un système où l’on parie sur sa rareté, où l’on organise son manque pour en tirer profit.
C’est indécent.
C’est dangereux.
C’est profondément déconnecté du vivant.
On parle de croissance, de performance, d’optimisation.
Mais croissance de quoi, si le monde s’assèche ?
Performance pour qui, si l’accès à l’eau devient un privilège ?
Une vigne meurt sans eau.
Un corps aussi.
Un territoire également.
Dans le vivant, l’eau n’est jamais décorative.
Elle est centrale.
Parce qu’elle porte la mémoire des sols, des climats, des mains humaines.
Parce qu’elle est le lien entre la terre et le vin, entre la racine et la peau.
Faire de l’eau un objet financier, c’est nier cette mémoire.
C’est oublier que sans elle, il n’y a ni culture, ni agriculture, ni art.
Nous ne sommes pas des traders du vivant.
Nous en sommes les dépositaires temporaires.
Et si nous continuons à traiter l’eau comme un actif,
elle finira par nous rappeler qu’elle n’obéit à aucune loi humaine.
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