être l’eau qui se souvient

Nous avons appris à mesurer, à compter, à posséder.
Nous avons découpé le monde en ressources, en performances, en résultats.
Nous avons cru que la nature était un décor, et que nous pouvions la regarder sans l’écouter.

Mais l’eau, elle, n’a rien oublié.
Elle circule depuis toujours.

Dans les océans, dans les rivières, dans les sols, dans les racines.
Dans nos corps aussi.

Elle s’insinue partout, même là où nous pensons que rien ne bouge.L’eau a vu naître le vivant.

Elle a porté les premières formes, accompagné les mutations, nourri les terres, façonné les climats.

Elle a traversé les peaux, les veines, les mémoires.
Elle sait le temps, elle le garde, elle le restitue à ceux qui savent écouter.

Nous sommes faits d’elle.
De sa lenteur.
De sa capacité à s’adapter sans jamais se soumettre.
De sa puissance silencieuse.

Elle nous relie à ce qui nous dépasse, à ce qui nous précède et nous survivra.
Pourtant, nous avons voulu aller plus vite qu’elle.

Nous avons accéléré les rythmes, asséché les sols, comprimé les corps.
Nous avons oublié que sans circulation, rien ne vit.
Nous avons oublié que tout mouvement forcé trahit la nature des choses.

L’eau nous rappelle une vérité simple : tout est lié.
La terre sans eau devient stérile.

Le vin sans eau perd son âme.
Le corps sans eau se fige.
L’homme sans lien se perd.
Créer n’est pas embellir le monde.

C’est révéler ce que nous ne voulons plus voir.
C’est redonner une place au sensible, au lent, à l’invisible.

C’est rappeler que la matière parle, que la peau se souvient, que la terre respire.
Le mouvement est un discours.

C’est une invitation à ressentir.
À se laisser traverser.
À ralentir pour percevoir ce qui circule encore en nous.
À devenir, un instant, l’eau qui se souvient.

Cliquer ici pour découvrir mon oeuvre “L’océan, la vague n°36”

https://www.stephanehauton.com/oeuvres/p/locan-la-vague-n36

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La peau un lieu de passage ?