La peau un lieu de passage ?

As-tu déjà pensé que ta peau n’était pas une limite, mais un échange ?

On nous apprend qu’elle sépare.
Qu’elle protège.
Qu’elle ferme.

Mais si elle ouvrait ?

Elle respire.
Elle absorbe.
Elle rejette.
Elle se souvient.

Comme la terre.
La peau contient de l’eau, du sel, des pigments.

Elle réagit à la lumière, au froid, à la chaleur.
Elle se tanne, se patine, se marque.
Elle porte les traces du temps, comme un sol garde l’empreinte des saisons.

Le tanin protège la vigne.
Il structure le vin.
Il lui donne sa charpente, sa mémoire, sa capacité à vieillir.

La peau protège le corps.
Les deux filtrent, régulent, mémorisent.
Les deux sont des surfaces vivantes.

Quand tu touches l’eau, ta peau dialogue avec elle.
Il y a un échange invisible.
Une information silencieuse.

Quand tu touches la terre, elle enregistre.
Les minéraux, la température, l’humidité.

Rien n’est neutre.
Chaque contact transforme.

Nous sommes poreux.
Plus que nous ne le pensons.

C’est pour cela que j’associe souvent peau, eau, vin et tanin.
Ils racontent tous une histoire de passage.

De circulation.
De transformation lente.

Le vin traverse la peau du raisin pour devenir arôme.
L’eau traverse la terre pour devenir source.
La lumière traverse la peau pour devenir chaleur.

Tout circule.
Comprendre cela, c’est changer de regard sur soi.

Nous ne sommes pas fermés au monde.
Nous y sommes plongés.
Imprégnés.

La peau n’est pas ce qui te sépare du vivant.
C’est ce qui t’y relie.

Elle est une frontière sensible.
Un seuil.

Un territoire d’échange.
Peut-être même un paysage.

Et si habiter sa peau, c’était apprendre à ressentir ces passages ?
À accepter que nous sommes traversés, modelés, influencés ?

Alors la peau devient mémoire vivante.
Surface d’inscription.
Espace de dialogue.

Un lieu où le monde vient écrire.

Cliquer ici pour découvrir mon oeuvre “De la terre à l’arôme 44”
https://www.stephanehauton.com/oeuvres/p/de-la-terre-larme-n44

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