Avons-nous peur de ralentir ?

Nous courons tous.

Même quand nous disons aller bien.
Même quand nous parlons de bien-être.

Nous avons transformé le repos en luxe,
le silence en inconfort,
l’ennui en faute.

Mais la nature ne va jamais vite.
Une racine ne force pas.
Une vague ne se presse pas.
Un vin ne s’accélère pas sans perdre son âme.

Nous avons pourtant décidé que tout devait produire, répondre, performer.

Même nos corps.
Même nos émotions.
Même nos relations.

Ralentir, aujourd’hui, est presque un acte de résistance.
Parce que ralentir, c’est ressentir.

Et ressentir, c’est voir ce qui ne va pas.
C’est entendre ce qui, d’ordinaire, est couvert par le bruit.

Certaines choses ne se laissent pas presser.

Quand on tente de les contraindre, elles se referment, se durcissent, se taisent.

La patience seule révèle leur secret.
L’eau nous le rappelle sans cesse.

Elle s’adapte, mais ne se contraint pas.
Elle attend, s’infiltre, transforme.
Elle polit la pierre sans jamais l’affronter.
Elle avance sans brutalité, mais avec constance.

À force de pression, l’humain fonctionne pareil.

Il se fissure.
Il se tend.
Il se coupe de lui-même.
Il oublie qu’il est vivant avant d’être productif.

Dans ce travail, la lenteur est recherchée.
L’eau, le vin, le tanin deviennent les matières centrales.

Des matières qui exigent le temps.
Qui refusent la précipitation.
Qui imposent l’écoute

Le vin ne révèle ses arômes qu’à celui qui sait attendre.
L’eau ne dévoile sa profondeur qu’à celui qui s’arrête.

La matière ne parle qu’à celui qui ralentit.
Alors oui, ralentir dérange.

Parce que cela remet en question un système entier basé sur la vitesse.
Un système qui confond agitation et mouvement.

Mais ralentir, ce n’est pas reculer.
C’est reprendre contact.

Avec son corps.
Avec la matière.
Avec le vivant.

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Elle transforme ce qu’elle touche