Elle transforme ce qu’elle touche
Parce qu’elle ne s’impose jamais.
Elle épouse.
Elle contourne, s’adapte, attend, persiste.
Elle transforme sans violence.
Quand l’eau traverse la terre, elle capte le minéral.
Elle absorbe la mémoire de la roche, la trace des siècles.
Elle glisse, s’infiltre, laisse derrière elle un sillon invisible mais vivant.
Quand elle traverse la vigne, elle transporte la mémoire du sol.
Elle emporte avec elle le climat, les saisons, la patience des vignerons.
Elle façonne doucement ce qui deviendra vin, mais jamais sans respect pour le temps.
Quand elle traverse le corps, elle transporte des informations.
Elle régule, nourrit, nettoie, relie.
Sans elle, tout se fige, tout se ferme, tout se tait.
Certaines choses dans la vie fonctionnent pareil.
Elles ne se laissent pas presser, elles refusent d’être contraintes.
Quand on tente de les forcer, elles se replient, se durcissent, deviennent silencieuses.
La patience seule révèle leur secret, leur rythme, leur voix cachée.
Le vin en est un exemple : ce n’est pas simplement du raisin fermenté.
C’est de l’eau qui a traversé la terre, enrichie de tanins, façonnée par le climat et le temps.
Chaque goutte porte l’histoire de la vigne, la mémoire du sol, la patience de ceux qui savent attendre.
La matière suit ce mouvement.
À travers l’eau, le vin, le tanin, elle devient langage.
Elle impose son rythme.
Elle exige l’écoute, la patience.
Elle révèle ce qui serait resté invisible autrement.
Tout se fait dans un dialogue avec la matière et le temps..
Le corps et la matière fonctionnent de la même manière.
L’eau y circule, transporte, régule, nourrit.
Sans circulation, rien ne vit.
Sans circulation, rien ne peut se transformer.
L’eau est toujours liée au mouvement, à la transformation.
Elle relie ce qui semble séparé, elle laisse des traces, elle modifie, elle révèle ce qui était caché.
Comprendre l’eau, c’est comprendre le vivant.
Pas intellectuellement.
Physiquement.
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